PSG / Riolo se justifie et fustige les « décérébrés » qui défendent Verratti

Dans un billet publié sur son blog officiel, le consultant et journaliste RMC, Daniel Riolo, s’est exprimé sur Marco Verratti, joueur qui en a pris pour son grade après le match face au Real Madrid.

« Plutôt que de répondre aux décérébrés qui, sur Twitter, ne supportent pas qu’on touche à leur idole, j’opte pour une explication un brin plus longue qu’un « tweet ». Si les mêmes décérébrés sont capables d’aller au delà de deux lignes de lecture, peut-être comprendront-ils un peu plus mon avis sur ce joueur.

C’est donc déjà sa huitième saison au PSG et il a déjà 27 ans. D’abord « fils » d’Ancelotti, puis petit frère d’Ibra ou de Motta, petit chouchou de tous les Parisiens, petit hibou, Verratti a toujours eu une image le ramenant à l’enfance. On lui a toujours tout passé. Ses caprices, ses colères inutiles sur le terrain, ses cartons, ses blessures à répétition, son hygiène de vie. Verratti, c’est le petit dernier de la famille. On a l’impression qu’il a toujours 20 ans. Première conséquence: aucune responsabilité. Tout le monde a été critiqué au PSG, mais lui, non! D’Ibra à Thiago Silva en passant par Cavani, personne n’y a échappé. Mais Verratti reste intouchable. Il reste « Marcolino »!

Le génial espoir du PSG et du foot italien a commencé très fort. Il s’impose vite comme un titulaire au club. Avec Thiago Motta à côté de lui, il bénéficie d’un tuteur. Verratti apprend vite? Pas vraiment. Sa classe naturelle, sa technique, tout est vite en place. En avril 2013 au Camp Nou, le PSG livre un gros match et manque de peu d’aller en demi-finale de la Ligue des champions. Verratti est exceptionnel. Et comme j’ai pour habitude de le dire, c’est encore à ce jour son meilleur match au PSG. Il avait alors 20 ans!

Entre ce match et aujourd’hui, Verratti a garni son palmarès de toute la collection Ligue 1. Vu de France, tout va bien (…) Les supporters du PSG adorateurs du joueur, devraient peut-être se renseigner sur ce qu’est un grand milieu de terrain. Ceux du Barça des dix dernières années. Kroos, Modric, Pogba, Kanté, Ericksen, Pjanic, Khedira, les mecs de Liverpool, ceux de City. Je ne remonte pas plus loin. Et quand j’entends parler du génial Verratti, je m’étrangle. En fait, la liste est sans fin de joueurs au milieu qui ont progressé plus que lui, sont arrivés de nulle part sur ces dernières années et ont déjà fait plus que lui! Prenons, par exemple, des joueurs qui ne font pas parti de mon Panthéon personnel: Bakayoko et Sissoko. Eh bien, ils ont déjà fait plus que lui en C1. Et pourtant, je préfère le style de Verratti.

Avec Laurent Blanc, Verratti a trouvé un entraîneur et un jeu à sa mesure. Conservation du ballon, jeu de possession, c’est pour lui. On prend son temps et on fait briller la technique. L’arrivée d’Emery ne lui fait pas du bien. Le coach espagnol veut aller plus vite. Ça ne colle pas. Verratti n’aime pas. Le chouchou sera chaperonné par les cadres pour ramener Emery à la raison. On ralentit et on se passe la balle. C’est sous Emery que le PSG offre son meilleur match de l’époque récente. Le fameux 4-0 contre le Barça. Verratti est très fort ce soir-là. Mais moins fort que Rabiot, Kimpembé, Draxler, Meunier, Di Maria, Cavani… Il sort tôt dans le match, épuisé, car le rythme est trop élevé.

Ça devient une constante. Quand le PSG livre des gros matchs, Verratti est loin d’être dans les meilleurs. Quand le niveau s’élève, lui baisse. Quand le PSG coule, il coule aussi. Sa technique lui permet toutefois de toujours échapper à la critique. Il est certainement parmi les plus réguliers mais c’est souvent un défaut en Ligue des champions.

Dans les matchs de C1 aboutis du PSG (il n’y en a pas 150 hein), il reste en retrait. On se souvient même encore de Rabiot dans un Real-PSG. Même Matuidi, pourtant bien moins techniquement, a laissé plus d’images fortes (le but à Marseille) et de combats héroïques. Doit-on parler de Motta? Non, ce serait insultant pour l’Italo-brésilien. C’est sans comparaison possible.

Verratti? Une illusion entretenue par une technique fantastique. Une capacité à sortir le ballon dans des zones délicates. Il peut même dribbler deux joueurs dans un espace réduit. Mais au fond, à quoi ça sert? A quoi servent ses longues chevauchées balle au pied? Ses tourniquets? Toutes ses phases de jeu délicieuses à 30 mètres de son but? Je ne vais même pas venir étaler son bilan chiffré (passes et buts), ça serait trop simple.

Face au Real, puisque l’énième débat à son sujet est revenu à cette occasion, il a été très bon. Comme toute l’équipe. Et comme d’habitude, moins bien que beaucoup d’autres. Au milieu, celui qui a tout cassé, c’est Gueye. Le patron, ça a été Marquinhos!

Il ne s’agit pas de dire que Verratti est mauvais. Ce n’est pas le sujet. Mais j’aimerais qu’on regarde d’un peu plus près ses performances. Les critiques lui feraient du bien. Verratti doit absolument jouer plus vite, tout faire plus vite. Moins porter le ballon, voir et penser plus vite. S’il est relayeur et pas 6, alors il doit faire le lien vers l’attaque de façon bien plus rapide. Il doit utiliser un peu plus le jeu long. Vous vous rendez compte que ça ne fait qu’un an, allez peut-être deux, qu’il tente d’allonger le jeu! Ses passes doivent être fortes et précises quand il change le jeu! Il doit gommer tous ses dribbles inutiles qui ne sont là que pour provoquer des « ho » et des « ha » auprès d’un public naïf.

Certains ont pensé que j’allais trop loin quand j’ai dit l’autre soir qu’il fallait couper la branche! En d’autres temps, j’avais dit qu’avec Aurier et Kurzawa, jamais le PSG n’irait loin en Ligue des champions. C’était au moment où Aurier était, pour beaucoup d’experts, le meilleur arrière droit d’Europe. Sur Twitter, comme aujourd’hui, on pensait que je le détestais ou qu’il avait eu une aventure avec ma femme (c’est pas exactement dit comme ça hein)! Bref, le comble de l’argument pour les abrutis de l’oiseau bleu.

Verratti a un tel potentiel que, jusqu’au bout, on doit croire en lui. Mais il doit faire évoluer son jeu. Il doit s’adapter. Et si on ne coupe pas la branche alors Verratti doit s’accrocher à l’arbre qui vient d’arriver. Il doit absolument profiter de l’arrivée de Gueye ! Grâce à lui, Verratti peut se libérer de certaines tâches mais il devra alors devenir plus efficace dans le jeu offensif. Si avec Gueye, Verratti ne progresse pas enfin, s’il ne devient pas un « vrai » grand milieu de terrain, plus qu’une illusion, alors il n’y arrivera jamais.. Et ça, on va vite le voir et on a toute la saison pour l’observer ! Gueye est sa dernière chance. » a commenté le membre de l’AfterFoot RMC.