Ménès : « le PSG était plus handicapé par les absences que le Real »

Pierre Ménès, le consultant de Canal+ a livré ses impressions suite à la victoire du PSG face au Real Madrid en Ligue des Champions.

« Je crois que, si le PSG d’hier soir avait joué contre le PSG des six premières journées de Ligue 1, il aurait gagné 7 ou 8-0. On a vu une équipe totalement transfigurée hier soir au Parc des Princes. Par la compétition, par l’enjeu, par l’adversaire. On a surtout vu ce qu’on reproche de ne pas voir assez souvent – à juste titre – au PSG : une équipe. Avec des joueurs qui défendent, des joueurs qui font les efforts les uns pour les autres, qui se replacent, qui sont agressifs sur la balle et qui la récupèrent. Un homme illustre parfaitement cet état de fait : Gana Gueye. Le Sénégalais était partout, il a récupéré tous les ballons et les a en plus parfaitement utilisés, en jouant simple et le plus souvent possible vers l’avant.

Il n’est évidemment pas le seul à féliciter. Di Maria qui a marqué les deux premiers buts parisiens, dont le second sur une frappe remarquable à l’entrée de la surface, a livré une prestation XXL lui aussi. Mais je trouve qu’un autre joueur symbolise encore mieux ce PSG-là, c’est Bernat. Tu le vois jouer en Ligue 1, tu te dis que ça ne va jamais le faire en Ligue des Champions. On le disait déjà l’an dernier et il a marqué trois buts lors de la campagne européenne. Hier soir, il offre deux passes décisives et a encore eu un apport offensif énorme, tout en éteignant Bale défensivement.

Alors j’entends déjà d’ici les esprit chagrins et les haters dirent que Paris a battu un Real d’une faiblesse abyssale. Il faudra quand même se souvenir que le PSG était plus handicapé par les absences que le Real. Quand tu joues sans Cavani, Neymar ni Mbappé, avec un Icardi hors du coup physiquement – même s’il a pesé dans ce match et montré une belle combativité – et en finissant avec Choupo-Moting, tout cela face au club qui a gagné trois des quatre dernières éditions de la LDC, qu’on ne vienne pas me dire que c’était la configuration idéale.

Défensivement, Paris a été très costaud. Le Real a certes marqué deux buts, logiquement refusés pour une main de Bale et un hors-jeu passif de Vazquez qui fait clairement action de jeu, mais hormis cela les joueurs de Zidane n’ont pas cadré une frappe du match. Un Real méconnaissable donc, mais ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’après le premier but, je n’ai pas senti les Madrilènes inquiets. Je les sentais au contraire assez sûrs de leur force et finalement, ils ont peut-être fait preuve de ce qu’on reproche souvent au PSG : la suffisance.

En tout cas, ce Paris lourdement handicapé lance parfaitement sa phase de poules. C’est dans les habitudes du club de la capitale et c’est lors des rencontres à élimination directe qu’on attendra le PSG, mais voilà un match fondateur pour la suite. Ce qui est sûr, c’est qu’on peut féliciter Tuchel pour sa composition d’équipe. J’avoue qu’au départ, voir Kimpembé derrière et Marquinhos au milieu m’a un peu chiffonné. Personnellement, j’aurais joué avec Marqui en charnière et Herrera au milieu. Mais voilà, le coach allemand a gagné 3-0 face au Real, il a raison. Point barre. » a commenté Pierre Ménès sur son blog officiel.